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L' insécurité

L’ insécurité
La criminalité en Afrique du Sud est un problème au moins aussi important que la vaste contamination de la population par le virus du SIDA. Ci ce dernier problème a souvent fait l'objet d'une politique de l'autruche de la part du gouvernement, la criminalité quand à elle jouit d'une publicité parfois exagérée qui contribue à perpétuer le climat d'insécurité.

D'abord citons certains chiffres. L'Afrique du Sud a longtemps occupé la première place au monde pour le nombre d'homicides par an et n'a que très récemment été dépassée par la Fédération de Russie (il faudrait vérifier les chiffres pour 2006). J'ai trouvé les statistiques suivantes qui datent un peu. On ne peut donc pas nier que l'insécurité est réelle et tous s'accordent à situer son épicentre à Johannesburg.

La province du Cap est considérée comme la moins dangereuse d'Afrique du Sud et les guides touristiques n'hésitent pas à comparer le Cap aux grandes villes européennes comme Paris ou Londres du point de vue de la sécurité. Cela est lié en partie à une répartition de la population atypique du reste du pays avec des proportions plus importantes de Blancs et de Métis.
Je précise que je n'associe aucunement la criminalité à des critères raciaux mais plutôt à des critères sociaux, l'hétérogénéité de la population témoignant d'une plus grande cohésion sociale (Le Cap a été la première ville à abolir officiellement l'esclavage en Afrique du Sud).

Il faut rappeler que l'Afrique du Sud est la deuxième destination touristique du continent africain, après l'Egypte. Le Cap est également la plus ancienne ville d'Afrique du Sud avec un passé historique important. De nombreux travaux sont actuellement réalisés pour revaloriser l'attrait touristique de la région avec la construction de grands centres commerciaux, le Century City étant le plus grand du continent africain, la réhabilitation de certains townships en zones résidentielles et le réaménagement des infrastructures routières en prévision de la Coupe du Monde de football de 2010.

Néanmoins comparer le Cap à Paris serait sans doute hasardeux. N'étant pas moi-même parisien, mais ayant déjà passé quelque temps sur Paris, je ne me souviens pas de quartiers où, étant blanc, j'aurais un risque non négligeable d'être tué passé certaines heures. Je peux bien sûr me tromper, je laisse le soin à d'éventuels parisiens visitant ce blog de me corriger le cas échéant.
Les Sud-africains ont un sens très poussé de la propriété privée (ce bon vieux Marx n'aurait que peu d'adeptes ici) et n'hésitent pas à défendre leurs biens, arme à la main. Le bien le plus fondamental étant évidemment le domicile.
Je loue actuellement une chambre dans une maison, pour me rendre dans ma chambre je dois utiliser 5 clés, chacune déverrouillant une porte ou une grille associée à une porte. Chaque porte est équipée de capteurs de sorte que lors de l'ouverture, un signal sonore est émis par le système d'alarme général. Celui-ci est armé avant de quitter la maison et doit être désactivé à l'entrée. Le premier jour, la propriétaire m'a d'ailleurs fait une « blague » en activant l'alarme avant de partir et quand j'ai ouvert la porte de ma chambre le lendemain à 07h00, j'ai dû réveiller tout le quartier.
L'efficacité du système d'alarme est cependant discutable. Il est arrivé que l'alarme d'une maison sonne pendant toute une après-midi sans aucune action de la part des voisins ou de la police. Enfin chaque chambre est équipée d'un bouton d'urgence. Lors d'une attaque de la propriété, appuyer sur ce bouton déclenche l'arrivée quasi-immédiate de la police.

Le document d'identité sud-africain qui fait à la fois office de carte d'identité et de permis de conduire, réserve également pas moins de 5 emplacements pour des permis de port d'arme différents. C'est dire que l'autodéfense est encouragée. Le concept même de légitime défense est assez flou dans la législation sud-africaine et autorise l'emploi de dispositifs tels que le blaster illustré en début d'article.
On pourrait assez caricaturalement résumer la position en matière de légitime défense en deux phrases : « Il vaut mieux prévenir que guérir » et « Il vaut mieux que ce soit l'autre qui y passe ».

Personnellement la seule violence que j'ai constatée pour le moment est celle des « mendiants schizophrènes ». J'appelle mendiant schizophrène tout mendiant qui cherche à inspirer la pitié par les moyens les plus déplacés et qui après refus de donner l'aumône devient extrêmement agressif n'hésitant pas à insulter et à cracher sur la personne qu'il glorifiait quelques secondes auparavant. Je ne doute pas que de tels mendiants puissent joindre les actes à la parole après la tombée de la nuit.
Il existe également des mendiants schizophrènes en France mais ils sont beaucoup moins véhéments et de manière générale acceptent le refus.
D'un point de vue purement moral : lorsque l'on demande quelque chose, on doit accepter que cela puisse être refusé, sinon on ne demande pas, on exige !

En conclusion, si vous souhaitez visiter l'Afrique du Sud, gardez à l'esprit que la criminalité est fortement présente mais qu'il ne faut pas non plus céder à la paranoïa et dégainer le Magnum à chaque fois qu'une personne vous demande l'heure dans la rue. Et puis visitez le Cap, c'est là que vous risquez le moins.

# Posté le jeudi 17 mai 2007 07:10

Modifié le jeudi 17 mai 2007 07:20

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