Les presentations

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Bonjour a tous,

Voila, Bobo c'est moi. J'ai 24 ans et presque toutes mes dents et je suis marie depuis le mois de decembre. Je suis etudiant en 3e annee a l'Ecole Nationale Superieure des Ingenieurs des Etudes et Techniques d'Armement. Contrairement a ce que ce nom indique, on ne passe pas notre temps a fabriquer des bombes, mais une partie des eleves (environ un tiers) sera, a la sortie de l'ecole, employee par la Delegation Generale pour l'Armement.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, voici le site de l'ecole.

Personnellement j'ai choisi l'option ESSE : Electronique et Signal pour les Systemes Embarques, ce qui veut dire que je me specialise dans le traitement du signal, notamment sur les systemes RADAR et SONAR. Mais la formation a l'ecole etant generaliste, on fait un peu de tout.

Comme dans la plupart des ecoles d'ingenieurs, la scolarite s'acheve par un Projet de Fin d'Etudes (PFE) de 5 mois dans un autre etablissement ou en entreprise. J'ai choisi de faire mon PFE a la Faculte de Medecine de l'Universite de Cape Town en Afrique du Sud. Je travaille sur un projet de segmentation d'echographies de la thyroide.

Je suis arrive en Afrique du Sud il y a un peu plus d'un mois et vais rester ici jusqu'au 31 aout 2007, date de mon retour en France. J'ai cree ce blog pour rendre compte de diverses observations, interessantes, amusantes ou preoccupantes, que j'ai pu faire et ferai encore sans doute d'ici le mois d'aout. Les sujets seront abordes sans ordre precis, selon l'inspiration.
Je m'efforcerai de joindre des liens pour ceux qui voudraient en savoir plus ou juste se detendre.

Je tiens a preciser que les articles ne refleteront que mes propres opinions et ne sauraient en aucun cas engager celles de mes parents, collegues ou amis, ou de toute institution a laquelle je puisse appartenir.

Si un article vous interpelle, n'hesitez pas a laisser des commentaires. De meme, si vous constatez des erreurs n'hesitez pas a me corriger. Tout commentaire injurieux sera supprime.

Sur ce, bienvenue sur le blog de Bobo et bonne lecture.


PS: Je m'excuse par avance de l'absence d'accentuation dans cet article, le clavier QWERTY l'interdisant. La plupart des articles seront tapes sur mon ordinateur portable et seront donc correctement orthographies dans la langue de Moliere.
# Posté le lundi 14 mai 2007 08:24
Modifié le mardi 14 octobre 2008 05:23

La restauration rapide ???

La restauration rapide ???
L'Afrique du Sud est pays fortement multiculturel avec pas moins de 12 langues officielles. A titre d'exemple, lors de la cérémonie officielle célébrée pour le Freedom Day le 27 avril dernier, le président faisait un discours à la télévision dans une langue qui m'était totalement inconnue. Je me suis retenu de protester contre l'absence de sous-titres après avoir imaginé avec horreur un écran parsemé de 11 lignes de sous-titres différentes.
Ce qui est vrai pour les langues est aussi vrai pour la nourriture ; l'Afrique du Sud en général et la province du Cap en particulier ont subi l'influence de nombreux styles culinaires allant de la nourriture indienne aux cuisines grecque et portugaise, sans oublier les traditions locales pré et post-coloniales avec le fameux Biltong qui fera l'objet d'un prochain article.

Ainsi les chaînes de restaurants abondent avec une très forte implantation du Spur, une sorte de Buffalo Grill a la sud-africaine mais en bien mieux (mais évidemment, comme on dit, pour les goûts et les couleurs, ...). Mais où dans tout ça trouver une chaîne de restauration rapide, compatible avec les courtes pauses déjeuner et également avec un budget parfois serré.
Mettons de côté les pizzas qui sont traditionnellement réservées pour les longues soirées passées devant les matchs de rugby ou de cricket et intéressons-nous au Fast-Food tel que l'on se l'imagine, avec ses hamburgers surgelés et ses frites grasses.

Au banc de test aujourd'hui, trois chaînes de restauration représentées à proximité de mon domicile : le traditionnel McDo, le Wimpy et le KFC. Cet article n'a pas pour but de faire de la publicité ou de l'anti-publicité pour l'une de ses marques mais de présenter un avis aussi partial et subjectif que possible afin de rendre compte de ma propre expérience.
Chaque restaurant sera évalué selon trois critères :
- la rapidité du service sur 3 (les connaisseurs pourront observer que Wimpy n'est pas uniquement un Fast-Food mais je considérerai ici la rapidité dans un cas bien précis, celui des plats à emporter).
- le cadre intérieur sur 3
- la qualité de la nourriture sur 4 (critère le plus important et le plus impartial, normal)

A tout César, tout honneur, commençons par la chaîne de restauration la plus représentée en France, le McDonald's.

Le McDo :

Les partisans de José Bové trouveraient sans doute un soutien massif en Afrique du Sud. Si vous pensez que le McDo est dégueulasse en France, n'essayez même pas ici. Personnellement je trouvais que le McDo était pas mal, limite bon, en France mais en sautant les horaires du repas à la cantine de l'Université un jour et en essayant de me raccrocher à quelque chose de familier, j'ai vite déchanté.

L'agencement du restaurant est réduit au strict minimum, les McDos français sont presque des chef-d'½uvres de design intérieur en comparaison. Quelques tables, de grands murs bleus avec un ou deux panneaux, le comptoir et un palmier au milieu de la salle. Des corbeilles où vider les plateaux et voilà tout. L'essentiel des tables se trouvant a l'extérieur (en même temps avec la température ça peut se comprendre), le décor est minimum. Il est vrai qu'il n'est pas souhaitable que les clients restent après avoir mangé mais quand même.

Cadre intérieur : 1/3

J'ai commandé la victuaille « classique » de l'étudiant qui a faim, c'est-à-dire un Big Mac avec des frites et un Sundae fraise. La commande a été confectionnée dans les délais réglementaires, pas de problèmes.

Rapidité du service : 3/3

Par contre la nourriture n'était pas à la hauteur de mes maigres espoirs. Les frites sont molles et peu salées (c'est étonnant vu que le ministère de la santé mène depuis 1995 des campagnes d'introduction de sel iodé, une déficience en iode ayant été constatée au sein de la population) et rappellent à s'y méprendre celles du « SHREU » de l'ENSIETA pour les fins gourmets. Le hamburger n'a d'autre goût que celui de la sauce et on peine à différencier le pain de la viande par la texture. Seule la salade a le goût qu'on attend d'elle. Le coca est dilué à mort et n'est pas sans rappeler l'eau distillée des classes de chimie. Enfin dernier point que je trouve outrageux en tant que grand amateur de cacahuètes et disciple de M. Jean-Claude Van Damme en ce qui concerne sa théorie du mouvement perpétuel : il n'y a PAS DE CACAHUETES dans le Sundae.

Qualité de la nourriture : 1/4

Mon avis a été confirmé par mon épouse qui m'a confessé avoir l'impression de « manger du plastique » et par la plupart des gens que je côtoie. Néanmoins un avis surprenant m'est venu de la part de l'un de mes colocataires qui est chef dans je ne sais plus quel restaurant. Il m'a dit : « C'est vrai qu'il n'y a pas de protéines, mais c'est juste trop bon ! » Je ne peux que m'incliner devant un tel argument d'autorité et rajouter un point.

Note finale : 6/10


Le Wimpy est une chaîne de restauration britannique méconnue en France, il n'existe à ma connaissance aucun Wimpy au pays des grenouilles. Elle doit son origine au personnage J. Wellington Wimpy, un amateur de hamburgers dans Popeye.

Le Wimpy :

Le Wimpy se distingue par cela qu'il offre une grande variété de plats, entrées ou desserts et se situe dans une position intermédiaire entre le Fast-Food et le restaurant classique. Pour être plus correct, il serait une hybridation de Fast-Food, de restaurant, de glacier et de salon de thé.
NB. La nourriture du Wimpy ne rentre pas dans le concept de Fast-Food de Wikipedia

Comme tel, il dispose d'un cadre intérieur plutôt plaisant mais au style kitch et pastel qui caractérise les cafés et les bars. Néanmoins les sièges sont confortables et ça change des planches de bois que l'on trouve habituellement. La décoration est agréable et un grand plus est la séparation entre fumeurs et non fumeurs, les fumeurs mangeant dans une cabine de verre pressurisée coiffée d'une hotte d'aspiration.

Cadre intérieur : 2,5/3

Comme je l'ai précisé auparavant, il serait vain de comparer la rapidité de service avec celle d'un Fast-Food classique lorsqu'il s'agit de manger sur place. Aussi vais- je vous faire part d'une anecdote liée à la commande d'un « plat » à emporter.
C'était au mois de décembre dernier et avec mon épouse et un ami qui se reconnaîtra, nous avions entrepris de passer une journée à la plage pour y observer des baleines (des vraies, pas des plagistes). Nous y avons passé l'après-midi et le soleil et la fatigue de la marche aidant, avons eu faim. Nous nous sommes donc dirigés vers un Wimpy afin d'y commander à manger. La commande consistait en trois hamburgers (de deux types différents), deux milk-shakes et trois boissons. En dehors du fait que le type qui prenait la commande m'a demandé de la répéter au moins 5 fois (je veux bien admettre que je parle mal l'anglais mais il y a des limites) et qu'on a attendu environ une heure (si j'exagère, ce n'est que de quelques minutes), la commande était erronée et on a eu les milk-shakes au bout de 10 minutes alors qu'il était assez évident qu'on les boirait en dessert et que par conséquent, la chaleur hivernale/estivale (ça dépend de l'hémisphère :p ) est rapidement venue à bout de leur fraîcheur.

Rapidité du service : 0/3

Oui, je mets 0 car une heure d'attente c'est inadmissible surtout pour ne pas avoir au final ce que l'on a commandé. Travailler en flux tendu pour un service de plats à emporter n'est pas acceptable. Depuis j'ai ajouté à mon registre personnel l'expression « Aller au Wimpy » qui peut signifier suivant le contexte « perdre son temps » ou « looser à mort ».
Exemple d'utilisation : « Hier je me faisais complètement chier et il n'y avait rien à la télé, alors je suis allé au Wimpy »

Néanmoins la nourriture est meilleure que dans un Fast-Food classique et bien meilleure qu'au McDo

Qualité de la nourriture : 3,5/4

A ceux qui argueraient que mon avis est biaisé par ce que je me fonde sur une expérience malheureuse, je répondrai que d'une part cette observation s'est confirmée par la suite et que d'autre part de toute façon mon article est biaisé comme précisé au début. :-p

Donc la moralité est que si vous voulez juste manger, allez dans un vrai restaurant, si vous voulez vous faire une soirée ciné + bouffe rapide, oubliez le ciné ou oubliez le Wimpy.

Note finale : 6/10

Je sais, ça fait aussi peu que McDo avec une bien meilleure bouffe, mais je juge l'aspect Fast-Food.

Enfin le Kentucky Fried Chicken, une chaîne de restauration américaine comme son nom l'indique. Le seul KFC que j'ai trouvé en France se situe à Paris, entre Montmartre et Pigalle. Le succès de KFC dans la province du Cap est sans doute lié à la part importante qu'occupe la population d'origine indienne. Et oui, quand on ne peut pas manger de b½uf, on se rattrape sur le poulet. En France, le coq étant un symbole national, le KFC est un restaurant sacrilège (MDR).

Le KFC :
Beaucoup a déjà été dit et je serai assez laconique. Pour le cadre intérieur, on est assez proche de celui du McDo, donc même note. A noter qu'ici toutes les campagnes de pub de style McDo avec des figurines dans les repas et des jeux sont menées par KFC. Je n'ai encore jamais vu une pub Happy Meal de McDo. Par contre ils essayent de surfer sur la vague du poulet en proposant pas moins de 10 recettes différentes, mais face à KFC, l'argument n'est pas de taille.

Cadre intérieur : 1/3

Le service est rapide, rien à dire.

Rapidité du service : 3/3

La nourriture est très bonne (pour un Fast-Food) et le choix de sauces/accompagnements/formules diverses est vaste. Peut-être est-ce aussi parce que je n'ai pas l'habitude de manger du poulet dans ce contexte ?

Qualité de la nourriture : 2,5/4

Ma femme étant une mordue du poulet, elle ne jure que par le KFC en matière de restauration rapide, grâce à son avis éclairé, le KFC gagne un point.

Note finale : 7,5/10


Le KFC en sort grand vainqueur ce qui traduit l'opinion d'une majorité d'habitants du Cap. Les hindouistes et les défenseurs de droits bovins en seront ravis. Voilà, vous savez ou manger en vitesse entre deux vols si vous faites escale au Cap. Par contre si vous avez vraiment le temps, je vous conseille de faire un tour au Waterfront, vous y trouverez les meilleurs restaurants de la ville.
# Posté le mardi 15 mai 2007 07:23
Modifié le mardi 14 octobre 2008 05:40

L' insécurité

L’ insécurité
La criminalité en Afrique du Sud est un problème au moins aussi important que la vaste contamination de la population par le virus du SIDA. Ci ce dernier problème a souvent fait l'objet d'une politique de l'autruche de la part du gouvernement, la criminalité quand à elle jouit d'une publicité parfois exagérée qui contribue à perpétuer le climat d'insécurité.

D'abord citons certains chiffres. L'Afrique du Sud a longtemps occupé la première place au monde pour le nombre d'homicides par an et n'a que très récemment été dépassée par la Fédération de Russie (il faudrait vérifier les chiffres pour 2006). J'ai trouvé les statistiques suivantes qui datent un peu. On ne peut donc pas nier que l'insécurité est réelle et tous s'accordent à situer son épicentre à Johannesburg.

La province du Cap est considérée comme la moins dangereuse d'Afrique du Sud et les guides touristiques n'hésitent pas à comparer le Cap aux grandes villes européennes comme Paris ou Londres du point de vue de la sécurité. Cela est lié en partie à une répartition de la population atypique du reste du pays avec des proportions plus importantes de Blancs et de Métis.
Je précise que je n'associe aucunement la criminalité à des critères raciaux mais plutôt à des critères sociaux, l'hétérogénéité de la population témoignant d'une plus grande cohésion sociale (Le Cap a été la première ville à abolir officiellement l'esclavage en Afrique du Sud).

Il faut rappeler que l'Afrique du Sud est la deuxième destination touristique du continent africain, après l'Egypte. Le Cap est également la plus ancienne ville d'Afrique du Sud avec un passé historique important. De nombreux travaux sont actuellement réalisés pour revaloriser l'attrait touristique de la région avec la construction de grands centres commerciaux, le Century City étant le plus grand du continent africain, la réhabilitation de certains townships en zones résidentielles et le réaménagement des infrastructures routières en prévision de la Coupe du Monde de football de 2010.

Néanmoins comparer le Cap à Paris serait sans doute hasardeux. N'étant pas moi-même parisien, mais ayant déjà passé quelque temps sur Paris, je ne me souviens pas de quartiers où, étant blanc, j'aurais un risque non négligeable d'être tué passé certaines heures. Je peux bien sûr me tromper, je laisse le soin à d'éventuels parisiens visitant ce blog de me corriger le cas échéant.
Les Sud-africains ont un sens très poussé de la propriété privée (ce bon vieux Marx n'aurait que peu d'adeptes ici) et n'hésitent pas à défendre leurs biens, arme à la main. Le bien le plus fondamental étant évidemment le domicile.
Je loue actuellement une chambre dans une maison, pour me rendre dans ma chambre je dois utiliser 5 clés, chacune déverrouillant une porte ou une grille associée à une porte. Chaque porte est équipée de capteurs de sorte que lors de l'ouverture, un signal sonore est émis par le système d'alarme général. Celui-ci est armé avant de quitter la maison et doit être désactivé à l'entrée. Le premier jour, la propriétaire m'a d'ailleurs fait une « blague » en activant l'alarme avant de partir et quand j'ai ouvert la porte de ma chambre le lendemain à 07h00, j'ai dû réveiller tout le quartier.
L'efficacité du système d'alarme est cependant discutable. Il est arrivé que l'alarme d'une maison sonne pendant toute une après-midi sans aucune action de la part des voisins ou de la police. Enfin chaque chambre est équipée d'un bouton d'urgence. Lors d'une attaque de la propriété, appuyer sur ce bouton déclenche l'arrivée quasi-immédiate de la police.

Le document d'identité sud-africain qui fait à la fois office de carte d'identité et de permis de conduire, réserve également pas moins de 5 emplacements pour des permis de port d'arme différents. C'est dire que l'autodéfense est encouragée. Le concept même de légitime défense est assez flou dans la législation sud-africaine et autorise l'emploi de dispositifs tels que le blaster illustré en début d'article.
On pourrait assez caricaturalement résumer la position en matière de légitime défense en deux phrases : « Il vaut mieux prévenir que guérir » et « Il vaut mieux que ce soit l'autre qui y passe ».

Personnellement la seule violence que j'ai constatée pour le moment est celle des « mendiants schizophrènes ». J'appelle mendiant schizophrène tout mendiant qui cherche à inspirer la pitié par les moyens les plus déplacés et qui après refus de donner l'aumône devient extrêmement agressif n'hésitant pas à insulter et à cracher sur la personne qu'il glorifiait quelques secondes auparavant. Je ne doute pas que de tels mendiants puissent joindre les actes à la parole après la tombée de la nuit.
Il existe également des mendiants schizophrènes en France mais ils sont beaucoup moins véhéments et de manière générale acceptent le refus.
D'un point de vue purement moral : lorsque l'on demande quelque chose, on doit accepter que cela puisse être refusé, sinon on ne demande pas, on exige !

En conclusion, si vous souhaitez visiter l'Afrique du Sud, gardez à l'esprit que la criminalité est fortement présente mais qu'il ne faut pas non plus céder à la paranoïa et dégainer le Magnum à chaque fois qu'une personne vous demande l'heure dans la rue. Et puis visitez le Cap, c'est là que vous risquez le moins.
# Posté le jeudi 17 mai 2007 07:10
Modifié le jeudi 17 mai 2007 07:20

La fée électricité en coupons.

La fée électricité en coupons.
L'Afrique du Sud est le premier producteur d'électricité du continent, produisant à elle seule presque la moitié de l'électricité en Afrique. Elle était à la fois le 15ème producteur et le 15ème consommateur d'électricité au monde en 2003. La majeure partie de l'énergie produite est issue de la combustion du charbon mais l'Afrique du Sud possède également la seule centrale nucléaire africaine. Celle-ci est entrée en service en 1984, ses réacteurs ont été conçus par Framatome.

L'équivalent d'EDF en Afrique du Sud est Eskom. Mais au lieu de payer un abonnement à Eskom, l'électricité est ici distribuée comme le crédit de communication des téléphones portables. On peut acheter de l'électricité dans les supermarchés, les stations essence, les bars tabac et d'autres magasins du même genre. Il suffit pour cela de se munir du numéro inscrit sur le compteur électrique de son domicile et d'une somme d'argent quelconque que l'on souhaite investir dans le courant électrique.
Les numéros sont entrés dans un appareil qui permet d'identifier l'adresse du domicile, puis cet appareil émet un coupon avec une série de chiffres et donne droit a un « crédit » correspondant au montant investi. Puis on rentre chez soi, on tape le code sur le compteur et voilà. C'est simple, rapide et efficace. En plus, il devrait être possible d'anticiper les demandes en énergie (et donc de gérer efficacement le réseau) puisque des statistiques locales très précises peuvent être émises quant à la consommation des foyers.

Toutefois, en pratique cela se révèle plus compliqué et les coupures de courant ne sont pas des événements exceptionnels. Pour les éviter, ou dans le pire des cas les anticiper, les chaînes de télévision nationales diffusent des bulletins d'alerte concernant la situation du réseau.
NB. Si ces trois chaînes sont nationales de nom : SABC 1, 2 et 3 respectivement, on peut s'interroger quant à leur mode de financement vu l'omniprésence de la publicité. Un film est en effet interrompu toutes les 15 minutes pour une page de publicité de 3 à 5 minutes ce qui rend le visionnage extrêmement pénible et qui explique en partie le succès que connaît la location de DVD. Mais pire que ça, il y a même des coupures publicitaires durant les JT. J'imagine bien PPDA dire : « Sans transition, une page de pub avant le discours annuel du Président de la République »

Ainsi lorsque la lumière s'éteint cela peut être dû a plusieurs causes :

- Les plombs ont sauté, et oui il ne faut pas brancher 15 fers à repasser en série
- On a oublié de remettre des sous dans le compteur :)
- Le courant a vraiment été coupé. Cela pour deux raisons :

-> Soit une mise en maintenance (prévue ou imprévue) de la centrale nucléaire. Le peu de centrales thermiques autour du Cap ont du mal à prendre rapidement et surtout durablement le relais.

-> Soit une surconsommation du réseau. Il faut savoir que la quantité d'électricité achetée est une fonction affine et non linéaire de la somme d'argent dépensée. Pour encourager la consommation, 50kWh gratuits sont offerts à chaque rechargement. De plus cette consommation, ainsi encouragée, dépasse parfois les prévisions en matière de demande énergétique. Et donc, black-out !

Pour répondre à cette demande croissante en énergie, l'Afrique du Sud a entrepris un vaste projet de modernisation et de développement du réseau électrique avec notamment la construction d'une seconde centrale nucléaire d'ici 2014. La Russie est la France essayent déjà de prendre des parts dans cette construction.

Il ne faut donc jamais oublier d'acheter son petit coupon d'électricité sous peine de s'éclairer à la bougie. Et aussi romantique que cela puisse paraître, les feux causés par des bougies se retrouvent quotidiennement dans les tabloïdes. Mais c'est encore au Cap que la production électrique est la plus sure avec la centrale de Koeberg, sauf quand elle est en entretien bien entendu.
# Posté le mercredi 23 mai 2007 07:14

La dernière goyave de l'année.

La dernière goyave de l’année.
Comme le titre l'indique, la photo représente la dernière goyave de l'année. Ce qu'il n'indique pas, c'est que cette goyave est suspendue à un goyavier dans mon propre jardin. C'est vraiment génial, en plus du goyavier, on a aussi un grenadier (je ne suis pas sûr que ça se dise comme ça) mais la saison des grenades est passée et celles qui restent sont soit trop petites pour pouvoir un jour mûrir, soit pourries, soit à moitié dévorées par les oiseaux. Le seul arbre encore utile est le citronnier ; c'est toujours agréable d'avoir un citron frais le matin pour donner du goût au thé.
Tout ça pour dire que le Cap est une région très favorable à l'agriculture avec son climat presque méditerranéen et ses sols fertiles. Nous sommes déjà aux portes de l'hiver mais le thermomètre continue à flirter avec les 25°C et certains jours il fait vraiment chaud. Le seul inconvénient est la pluie, mais bon ça me rappelle la Bretagne. Le climat est vraiment clément ici si l'on excepte quelques sécheresses et feux de brousse de temps en temps.
Néanmoins, comme partout ailleurs sur le globe, le climat devient de plus en plus imprévisible et il y a deux semaines, il a neigé à moins de 2 heures de route de Cape Town.

Toujours est-il que les agriculteurs et surtout les viticulteurs ne s'y sont pas trompés et la région du Cap accueille les meilleurs vignobles sud-africains. Pour s'en convaincre, il suffit de faire un tour sur la Route des Vins ou de participer à l'un des nombreux festivals régionaux.
En effet, les Sud-africains, tout comme les Français, aiment le vin et le fromage et les mettent à l'honneur. Bien que la plupart des fromages soient assez insipides comme le fameux cheddar de supermarché, les héritiers des immigrants huguenots continuent à produire du brie et d'autres fromages à la française. Et l'hiver est le moment privilégié pour s'adonner aux festivals dédiés à la « bonne bouffe ». Les plages sont quasi-désertes : les top models sont déjà partis et les baleines ne sont pas encore arrivées ; les animaux dorment dans les réserves et le roi de la savane est aussi frileux que tout bon matou qui se respecte, donc chute de fréquentation des safaris, bref les touristes s'emmerdent un peu.

Et c'est là que font leur entrée les « cheese » et les « wine festivals ». Il y en a en gros un par semaine, certains dédiés à un fromage ou un vin particulier, d'autres plus « généralistes ». Le principe est de payer un droit d'entrée, puis on peut acheter un verre de dégustation et c'est parti pour faire la tournée des stands. La bonne ambiance est de rigueur et on se croirait revenu en France dans une fête de la mirabelle, si ce n'est que les gens parlent un peu Anglais, mais surtout Afrikaans, une langue dont la musicalité et la diversité sont telles qu'elle fera l'objet d'un article dédié ultérieurement.

En bref, amateurs de fruits, légumes, vins et fromages et partisans de M. Bové, venez au Cap pour reprendre goût à la vie, après l'intoxication par fast-food à laquelle je vous avais incités.

PS. Le titre de l'article fait référence à un jeu PC extrêmement ancien. Les fanatiques auront bien sûr reconnu l'excellent Loom.
# Posté le mardi 05 juin 2007 06:17